Interviewsur le blog Coeur de Libraire

Interview sur le blog Coeur de libraire.

 

Bienvenue dans ce nouveau rendez-vous mensuel "L'interview de Myiuki", qui consistera, chaque premier jeudi du mois, à interviewer un auteur dont j'ai lu et apprécié au moins un ouvrage et à le mettre un peu en lumière (tout simplement parce qu'il - ou elle - le mérite !).

 

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Cette semaine, et pour la seconde édition de ce rendez-vous, j'ai eu l'honneur d'interviewer l'auteur du roman"Côté Face" (entre autres), à savoir Anne Denier, qui a gentiment accepté de jouer le jeu des questions/réponses. Un grand merci à elle !

 

Je lui ai posé quelques questions auxquelles elle a répondu le plus sincèrement possible et vous allez pouvoir découvrir, après une petite présentation de son roman, ses réponses.


 

                                      http://www.babelio.com/users/AVT_Anne-Denier_1451.pjpeghttp://img.over-blog.com/355x500/1/10/54/32/MES-LIVRES/LES-CHRONIQUES-DE-PADIDU/COTE-FACE.jpg

 

 

Le résumé de son livre : "J'étais en retard et si ce n'avait pas été le cas jamais je n'aurais pris ce tram et jamais je ne l'aurais rencontré. Lui. Celui qui allait détruire ma vie en réveillant une mémoire qui sommeillait en moi et dont j'ignorais l'existence. Un autre côté de moi-même. "Te séduire, t'emmener, te torturer, te violer et t'assassiner." J'avais une vie..."

 

Ma chronique :  Anne DENIER "Côté face"

 

Et maintenant que nous avons fait un peu connaissance avec son livre, passons à la découverte de l'auteur !

 

Première question. Même si vous êtes très présente sur la "blogosphère" (forum, facebook, etc.), il y a encore des gens qui, malheureusement pour eux, ne vous connaissent pas. Voudriez-vous vous présenter en quelques mots ?


Oh la la… me présenter… On commence par une question rudement difficile ! Je suis une femme (j’ai des preuves), j’ai plus de trente ans (j’ai arrêté de compter là), j’écris depuis plus d’une décennie (si si si), j’ai une  vingtaine de roman à mon actif et avant je faisais de la bande dessinée (et des études de biochimie). Je suis une grande passionnée de fantastique. J’ai un chat, des guppys, une maison, une voiture, plus d’un millier de livres, un mari…
Enfin voilà, rien d’extraordinaire.

Voici une question que se pose beaucoup de lecteurs qui écrivent eux aussi, en fait, elles sont deux : tout d'abord, qu'est-ce qui vous a poussé vers l'écriture ? Est-ce que vous vous êtes levée un matin en vous disant simplement, aujourd'hui, je vais écrire un livre ou est-ce que ça a demandé une longue maturation ?


Je n’en sais rien.
Mon œuvre la plus ancienne connue est une BD parlant d’un œuf de dinosaure… je devais avoir 9 ou 10 ans. (Je me souviens très bien, j’avais colorié ça au feutre jaune et vert, c’était absolument splendide. Je l’avais même envoyé au concours de BD d’Angoulême… )
J’ai longtemps fait de la bande dessinée et gribouillé des synopsis et des bouts d’histoire, jusqu’au jour où j’ai bien dû me rendre à l’évidence que mes dons de dessinatrice laissaient franchement à désirer. (Oui, car bon, les dinosaures jaune et vert au feutre, c’était pas si merveilleux que ça) et j’ai développé la partie écrite de mon art. C’est ainsi qu’est née mon premier texte long. Il fut rapidement suivi de beaucoup d’autre.
En fait j’ai toujours eu besoin de faire sortir de ma tête la quantité phénoménale d’histoires qui me viennent à l’esprit, que ce soit de manière écrite ou dessinée.
Je ne me suis jamais posée la question d’écrire ou pas. Il n’y a pas d’avant l’écriture tout simplement, écrire est un besoin viscérale.

Ensuite, et là, c'est tout autre chose, mais dans votre cas, vous êtes passée par l'auto-édition, il me semble, pouvez-vous nous raconter ce que cela vous a apporté et quelles sont les difficultés et les avantages d'un tel choix ?

 

Pourquoi j’ai autoédité… euh à cause de plusieurs dizaine de lettre de refus des éditeurs.
Bon, sérieusement, à l’origine Côté face était publié en ligne gratuitement sous forme de feuilleton. Je mettais en ligne un chapitre chaque dimanche au fur et à mesure de l’écriture. Ce projet (qui est mon quinzième roman) n’était aucunement destiné à l’édition. Une fois le texte terminé, les fans m’ont encouragé à tenter l’édition.
De nombreuses lettres de refus plus tard, j’ai juste fait imprimer un exemplaire papier pour mon propre plaisir. Les fans ont voulu en avoir un, c’est comme ça que je me suis lancée. Juste pour que les quelques fans que j’avais puisse avoir le livre en version papier.
Et puis je suis une perfectionniste, alors j’ai fait au mieux que j’ai pu pour que ça ait l’air d’un vrai livre.
Il n’y a pas d’avantage à auto-éditer en dehors de pouvoir tenir son texte sous forme de livre. C’est un travail monstre et chronophage quand on veut faire ça sérieusement. 

En tant qu'auteur, vous devez aussi lire beaucoup. Est-ce que vous avez un auteur, un roman ou un style préféré ? Est-ce que vous avez pris des influences pour votre roman dans vos lectures ? En bref, qu'est-ce qui vous plaît en tant que lectrice et qu'est-ce qui vous inspire en tant qu'auteur ?


Je lis énormément depuis l’adolescence. J’ai une grosse affection pour le fantastique, mais je lis tout et n’importe quoi. Je n’aime juste pas les récits de vie moralisateur genre Dieu m’a sauvé. Je ne suis pas fan d’autofiction non plus car je m’y ennuie souvent.
En ce qui concerne les influences sur mon écriture. Pour Côté face, il y a peu d’influence consciente, je peux tout au plus citer « La course au mouton sauvage » de Haruki Murakami « Please save my earth » de Saki Hiwatari ou des poèmes de Goethe et de Schiller ou le courant du Sturm und Drang. J’ai glissé dans le texte plein de référence à des livres ou des œuvres car j’adore moi-même retrouver ce genre de clin d’œil quand je lis.
Sinon dans l’absolu, tout est susceptible de m’influencer ou de m’inspirer plus ou moins consciemment. Par exemple, je feuillette un magasin, en lisant un titre Paf une idée me tombe dessus, et cette idée en attire une autre…

J'ai trouvé votre style d'écriture vraiment très bon, vous avez su créer une intrigue originale et prenante, rendant votre récit à la fois haletant et passionnant, impossible de décrocher une fois la lecture commencée. Je suppose qu'écrire un roman aussi complet et bien construit que le vôtre doit demander beaucoup de temps. Combien de temps vous a-t-il fallu pour arriver à bout du premier tome de votre saga "Côté Face" ? Avez-vous une méthode de travail précise quand vous écrivez ?


Entre la première idée et le début de l’écriture, il y a eu deux mois durant lesquels j’ai fait beaucoup de recherche documentaire, travaillé les personnages et l’intrigue, écrit une première version du synopsis, fait un plan… En fait, quand je commence à écrire, j’ai déjà tout planifié.
L’écriture a duré dix mois. Un chapitre par semaine. Le premier fut publié en avril 2009 le dernier en janvier 2010.

L'une des choses qui m'a le plus marquée dans ce premier roman, c'est son côté fantastique. On voit souvent les mêmes "créatures" dans les romans qui lui "ressemblent", vampires, loups-garous et autres. Vous avez choisi une voie différente, celle de l'alchimie. Ça apporte une touche à la fois sombre, inquiétante et fascinante au roman, ce qui ne le rend que plus envoûtant. Pourquoi ce choix ? Cela a du vous demander beaucoup de recherches ...


Car j’adore tous ce qui touche à l’alchimie (mon côté scientifique fan de fantastique qui ressort sans doute) et car je ne suis pas fan de créature, quelle qu’elle soit.
Sinon, oui, beaucoup de lecture pour être au point sur le sujet.
 

 

Vous alternez dans votre roman différentes époques, faisant osciller le lecteur entre passé et présent. L'alternance des différents temps dans la succession de chapitres permet au lecteur de visualiser un peu mieux ce qu'est la vie de l'héroïne du roman, de connaître aussi les deux personnages masculins qui l'entourent, Côme et Nebel. Je dois reconnaître que vous savez parfaitement attiser la curiosité du lecteur et lui donner envie d'en savoir toujours plus, les suppositions se succèdent sans jamais avoir de réelles certitudes. Vous arrivez à en dire beaucoup tout en maintenant un brouillard de mystère conséquent, quelle est votre secret ?


Euhhhhh…
Je dirais l’écriture de quatorze autre romans avant et de beaucoup de scénario de BD, donc pas mal d’expérience et la connaissance d’un certain nombre de ficelle d’écriture. Par exemple, quand on répond à une question, il faut poser au moins une autre question (deux c’est mieux) pour la remplacer, Savoir très exactement où on va, pour placer les éléments nécessaire tout en envoyant le lecteur sur des fausses pistes, finir chaque chapitre par une question ou au cœur d’une action pour donner envie de tourner la page…
Bref, tout est planifié.

Vous avez choisi d'ancrer votre roman entre deux réalités, celle plus fantastique liée au monde alchimique et qui va chambouler la vie de notre héroïne, et celle, plus réaliste, d'une adolescente typique qui tente tant bien que mal de mener une vie normale. On voit souvent cette cohabitation dans la bit-lit, le fait d'y inclure les petits tracas du quotidien y ajoute une touche qui permet au lecteur de s'identifier plus facilement à l'héroïne et de s'y attacher. On passe avec elle par tout un stade d'émotions et de scènes très fortes, elle est le cœur de votre roman. Comment avez-vous imaginer ce personnage central à la fois douce, fragile, mais aussi forte et déterminée ?


J’ai voulu une héroïne banale, avec une vie banale, ni forte, ni faible, avec des problèmes très communs aux ados de son âge. Bref je voulais que la plupart des lectrices retrouve une part d’elle-même dans ce personnage. Il était hors de question d’en faire une femme forte et vindicative comme on en trouve en Bit-lit, ou une pauvre victime.
Par ailleurs il fallait la mettre en relation avec l’Autre. Elles ont le même caractère à la différence prêt que l’une se venge pour l’autre. (la relation à la mère est l’exemple type de la relation entre les deux côtés du personnage.)
Bref, beaucoup de travail en amont de l’écriture. Je passe beaucoup temps à construire mes personnages car après la lecture du texte ce sont les personnages qui reste en mémoire, pas les ficelles de l’intrigue.

Ce qui est marquant aussi dans votre roman, c'est la notion de bien et de mal. On parle beaucoup de manichéisme, de l'absence de gris dans la morale, j'ai trouvé que votre roman abordait avec beaucoup de nuances cette question, que ce soit au travers des personnages que de leurs actes. Est-ce que, dans le roman, Côme, qui pour moi représente le "méchant" par excellence, est justement l'essence du mal, et à l'inverse, Nebel, l'amoureux, l'essence du bien ? L'héroïne se situe au milieu de ce triangle, aux vues de ce que le narrateur nous décrit, on pourrait penser qu'elle représente le gris ?


Côté face ? Manichéen ? Bon, je l’accorde, dans ce tome 1, Côme est très sombre (le tome 2 donne un tout autre éclairage sur lui qui l’éclaircit un peu), mais on ne peut pas dire que Nebel soit blanc, loin de là même. « Te séduire, t'emmener, te torturer, te violer et t'assassiner », ce n’est pas une phrase que l’on s’attend à entendre dans la bouche du prince charmant.
Dans mes textes, il n’y a pas de blanc ni de noir, ni bien, ni mal ; j’aime les nuances de gris. J’aime aussi que la noirceur du personnage varie selon le point de vue. Le bien de l’un est le mal de l’autre, tout à une cause et une conséquence et une histoire de point de vu.
Dans ce tome 1, pour l’héroïne Côme est le Diable et Nebel l’Ange, mais ce n’est qu’un point de vu. Dans le tome 2, pour Clara, les rôles seront différents.
Mes livres n’ont pas un but moral et on s’accorde aussi assez facilement pour dire qu’en fait dans mes textes il n’y a pas de gentil, que des méchants et que j’ai une vision du monde très noire.

Vous avez écrit une suite à cet excellent premier tome, nommée "Noces de Lune". Après la fin du premier tome, on a qu'une envie, lire ce deuxième roman. Mais pour ceux qui ne l'ont pas encore lu, pouvez-vous nous dire ce qu'il apportera de plus à l'histoire ? Sans trop en dévoiler bien sûr ...


Noces de lune, c’est l’histoire de Clara et de Côme. De Prague à Montpellier en passant par Hambourg et Berlin, de 1735 à nos jours.
Ce n’est pas une suite mais une autre facette de l’histoire, un autre point de vue, un autre morceau du puzzle.

A l'heure actuelle, avez-vous d'autres projets de romans ?


Plein !
Déjà je travaille sur le tome 3 de Côté face (Petite rose), mais j’ai toujours plein d’idées, de projets, et peu de temps. Je travaille sur un projet de dystopie et sur une romance paranormale et sur un récit steampunk et…
Bref, j’en ai déjà pour des années à écrire ce qui est entamé, et des idées, j’en ai toutes les semaines.

Une dernière petite question, ou plutôt une explication ... quels sont, pour vous, les atouts de "Côté Face", les raisons pour lesquelles un lecteur avisé devrait le lire ?


Car c’est mon bébé à moi, et que donc c’est le plus beau, le meilleur et le plus fantastique de tous les livres ! (Comment ça, je ne suis pas sensée dire ça ? pourquoi ?)
Plus sérieusement, si vous voulez un texte sombre et différent des romances fantastiques habituelle pleine de guimauve, si plonger dans la folie  vous plaît, si le Diable ne vous fait pas peur, Côté face devrait vous intéresser.

 

Si vous avez envie d'en savoir plus sur l'auteur, son roman et surtout où se le procurer, cliquez sur le lien : ici. Je vous invite à aller découvrir - si ce n'est pas déjà fait - d'un peu plus près cette romancière talentueuse qui mérite d'être lue !

 

Merci à elle et à vous !

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