L'avis d'Elora, Blog « Lire par Elora »

 

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Côté face, Anne Denier

Publié le 17 novembre 2011


Avis :

“J’étais en retard et si ce n’avait pas été le cas jamais je n’aurais pris ce tram et jamais je ne l’aurais rencontré. Lui. Celui qui allait détruire ma vie en réveillant une mémoire qui sommeillait en moi et dont j’ignorais l’existence.

Un autre côté de moi-même.

« Te séduire, t’emmener, te torturer, te violer et t’assassiner. »

J’avais une vie…”

Côté Face est exactement le type de roman qui me fait envie depuis fort longtemps mais dont l’aspect fantastique me freine. (Certains savent à quel point ce genre peut me rebuter. ) Et puis le fait que ce soit autoédité ne m’encourageait pas à craquer. J’avais peur de trouver une histoire entendue et un style d’écriture laissant à désirer. Bref, ce roman de Anne Denier aurait pu rester encore quelques temps dans ma liste d’envies.

Cependant, à force de croiser ce titre et de lire (et relire et rerelire…) le billet de Méli, puis l’interview de l’auteur, chez Acsylé, j’ai fini par me laisser faire (Lectrice Compulsive Anonyme, bonjour !) et par acheté l’objet du délit. Je me suis rendue compte que Côté Face n’avait pas mauvaise réputation sur la blogosphère littéraire et qu’à priori, je n’aurais pas à (trop) regretter. D’ailleurs, j’ai plutôt été agréablement surprise, malgré une ou deux réserves.

Avant de développer mon ressenti quant au roman, je tiens à remercier Anne Denier (ou Reveanne sur certains site comme L’Encrier et Livraddict) pour son envoi rapide suite à ma commande.

Notre protagoniste est une adolescente d’environ 17 ans dont le quotidien semble tout à fait ordinaire : le lycée, les transports en commun, le frère détestable, les parents rabat-joie, les amies… Un matin, d’Avril, à Montpellier, elle part en retard pour le lycée (Merci le chien). Dans le tram, elle rencontre un jeune garçon très attirant mais se rend compte qu’il la regarde d’une façon bizarre. Et pour cause ! Elle a des plumes dans ses cheveux mal coiffés. (Encore merci le chien !) Peu après, voilà que notre héroïne trouve une photo d’elle accrochée dans tous les Trams de la ville. Au dos ? Une heure et un lieu de rendez-vous sans aucunes autres précisions. Sur les conseils de ses amies, elle ne s’y rend pas mais cette histoire l’obnubile. Qui est-il ? Que lui veut-il ?

Il faut avouer que l’absence (ou presque) de noms pour les personnages est plutôt destabilisant voire carrément frustrant au début mais, au fur et à mesure, cela devient plaisant puisque cela titille notre curiosité de lecteur. On se concentre alors plus sur les caractères des personnages.

D’ailleurs, on se rapproche beaucoup de la protagoniste qui ressemble tant à une adolescente banale, dans les premières pages. Ses doutes s’insinuent en nous et on éprouve beaucoup d’empathie pour la demoiselle.

Quant à Côme et Nebel (oh ! des prénoms !) , il s’agit de personnifications. A vous de lire pour savoir lesquelles ! Bande de petits tricheurs !

L’intrigue est menée de main de maître(sse). Anne Denier nous emmène sur la piste Faust et nous plonge dans une atmosphère sombre, tendue et parfois franchement oppressante !

La narration est rythmée par des analepses éclaircissant l’histoire actuelle. Par contre, elles sont placées de façon non chronologique et ce n’est pas forcément évident de les situer les uns par rapport aux autres. Cependant, cela rend le lecteur actif.

Pour une fois, l’aspect fantastique est bien amené même si les mauvais langues diront qu’une amnésie après un accident, c’est trop facile.

On retrouve, parfois, des phrases en allemand mais tout le monde n’est pas sensible à cette langue. Heureusement, elles ne sont pas si nombreuses et sont traduites mais peuvent, malgré tout, entrainer un certain agacement. D’ailleurs, on se demande pourquoi le Diable est toujours associé à l’allemand. A cause du mythe de Faust ? S’il y a un cliché dans ce roman, c’est celui-ci.

La plume de l’auteur est fluide, teintée d’humour. Le lecteur ne peut que constater que Anne Denier est sensible aux détails.

Bien que ce soit une oeuvre autoéditée, il y a très peu de fautes orthographiques et syntaxique ( à bas les préjugés !) et ne gênent en rien à la compréhension (et c’est essentiel !).

Enfin, la présentation de Côté Face est un bijou notamment la couverture (détailsPortrait de la Princesse Marthe Lucile Bibesco de Giovanni Boldini). Le marque-page joint au livre et avec la même illustration que la couverture est une idée excellente ! La mise en page est originale et travaillée (mots en gras, en italique…).

 

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