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 La chronique : Côté face d'Anne Denier

Publiée le 29 juin 2011

 

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Mon avis :

Tout d’abord je tiens à remercier Matilda qui, en faisant voyager ce livre, m’a permis de découvrir une auteure de talent et un roman époustouflant.

L’auteur, Anne Denier, connue sur le web sous le pseudo de Reveanne, publie depuis très longtemps ses textes en ligne, notamment sur l’Encrier. Côté Face est publié en auto-édition.

Dans un premier temps, je souhaite préciser que même si je trouve l’image de couverture magnifique, je ne la trouve pas très « vendeuse » eut égard à l’aspect fantastique du roman. En effet, l’image est vraiment belle et, quand on a lu le roman, trouve sa justification. Cependant, en regardant ce livre, on est vraiment loin de s’imaginer à quoi s’attendre !

J’ai lu plusieurs critiques élogieuses sur ce roman, et je savais donc dans quel genre de lecture je m’engageais. Mais j’insiste : ne vous laissez pas décourager par cette couverture qui laisse présager un roman historique. Il n’en est rien, on a bien entre les mains une perle du genre fantastique, voire même une romance paranormale.

Le récit vous happe dès le démarrage. L’action débute dès les premières pages et se poursuit sans temps morts. L’auteure maîtrise parfaitement le tempo et l’atmosphère du roman.

Le début du récit m’a captivée, j’ai un peu perdu pied entre le 1er et le 2ème tiers, sensiblement en même temps que l’héroïne perd pied elle aussi.
Le récit prend ensuite une autre tournure, quand survient de manière plus concrète l’aspect fantastique. A partir de là, j’ai été de nouveau accrochée, et ce jusqu’à la fin.

Avec un style frais, vif, efficace et empli de sincérité, Anne Denier parvient à tenir le lecteur en haleine. Des phrases et des chapitres courts donnent un rythme rapide au récit.

L’ambiance devient rapidement sombre et triste, tellement réaliste et juste que parfois cela en devient même oppressant, suffoquant. L’atmosphère est assez noire et les moments de doute, de douleurs, de tristesse, se succèdent à tel point que le lecteur ne peut s’empêcher de ressentir beaucoup d’empathie pour l’héroïne. La tension est permanente tout au long du récit. Ceci dit, l’auteure sait distiller (avec parcimonie) des traits d’humour à certains romans de l'histoire.

La majorité des personnages n’a pas de prénom, ce qui, hormis le fait d’être relativement frustrant, a un avantage indéniable : cela augmente significativement la sensation de flou, le questionnement sur le réel et l’irréel. Seuls 3 protagonistes possèdent un prénom, et cette distinction est parfois assez déstabilisante.

Toutefois, ce jeu de non-dit sur les prénoms est subtilement dosé, sans lourdeur et sans grand inconvénient pour le récit. J’aime pouvoir m’attacher aux personnages, les aimer, les détester, les comprendre, les accompagner dans le récit. Et pour cela, je croyais vraiment qu’il était essentiel de pouvoir les nommer. Anne Denier parvient à me prouver le contraire, en laissant son héroïne dans l’anonymat tout au long du roman.

Cependant, nous apprenons le prénom de trois des protagonistes, et cela ajoute une puissance incroyable à ces noms. Une force parfois terriblement négative (je pense à Côme) ou parfois tellement mystérieuse (Nebel).

Les chapitres sont alternés entre passé et présent. J’ai eu plus de mal à apprécier les chapitres qui se déroulent au passé, principalement parce que Côme me mettait mal à l’aise, tout comme la soumission de l’héroïne. Cela n’enlève rien à la qualité du roman, mais ces passages n’ont simplement pas mes préférences.

L’une des originalités du récit, originalité d’ailleurs très bien maîtrisée, est la reprise, en début de certains chapitres, des incipits déjà utilisés pour des chapitres du début du roman. On rencontre également assez souvent des phrases déjà citées. Le tout crée ainsi une volontaire et recherchée sensation de déjà-vu chez le lecteur, sensation partagée par l’héroïne.

Par moment, l’auteur insère également entre deux chapitres des extraits d’œuvres poétiques, notamment de Goethe.

L’auteur a, par cette publication, réussi le tour de force d’éviter la majorité des écueils de l’auto-édition. Si l’on trouve quelques fautes d’orthographe et quelques ponctuations manquantes, cela reste très rare (en tout cas pas vraiment plus fréquent que dans certains ouvrages de grandes maisons d’édition). On sent que l’ouvrage n’a pas manqué de relecture ! Par ailleurs, la mise en page est travaillée, agréable et très réussie. En somme, un beau roman, par son contenu mais aussi par son contenant.

Dernier élément important : l’auteure s’est manifestement énormément documentée pour rédiger cet ouvrage, on sent la précision historique, la réalité des événements, jusque dans les moindres détails. Anne Denier est manifestement perfectionniste, ça se sent, et c’est juste un délice pour le lecteur !

Sans aucun doute je lirais la suite ! Mais bien qu’elle soit disponible en ligne, je pense que j’attendrais la publication en format papier, pour le confort de lecture et ainsi mieux me replonger dans cette atmosphère si particulière.


Mon bilan :

Une découverte à ne pas manquer, un récit fantastique étonnamment réaliste, plein de justesse, et qui se lit avec un intense plaisir !

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