L'avis de Naminé, blog Plume à papote

L'avis de Naminé, blog «plume à papote»

Côté face, Anne Denier

Publié le 12 octobre  2012 




Cela fait des mois et des mois que je dois sortir Côté Face de ma PAL, car les chroniques que j'ai pu lire sur ce livre sorti en auto-édition sont vraiment merveilleuses. Je me suis donc dépêchée de l'acheter avant que les exemplaires de la réédition de la première version soient épuisés. Cette couverture n'est-elle pas magnifique ? Je crois bien qu'elle est dans mon top 10 des plus belles illustrations de livres. Heureusement, j'ai bien fait ! J'ai été agréablement surprise par la qualité de cette histoire.
 
Pourtant, on fait un saut dans l'inconnu en s'aventurant dans Côté Face : ce synopsis ne me parlait pas du tout, dans le sens où je ne savais vraiment pas à quel genre d'histoire j'allais avoir affaire, ni à quelle époque elle allait se passer. Quand on note le petit côté rétro de la couverture, on peut penser qu'elle se déroule en des temps lointains, mais jamais je ne me serai imaginé que l'héroïne était une jeune adolescente de notre époque. En tout cas, cette phrase puissante m'a tout de suite marquée : "Te séduire, t'emmener, te torturer, te violer, et t'assassiner". Elle me laissait présager le côté sombre de cette histoire qualifiée de romance fantastique.
 
L'intrigue principale se déroule à Montpellier, où une jeune lycéenne va se retrouver à prendre un tramway à une heure qu'elle n'a pas l'habitude parce qu'elle est en retard. Dans ce tramway, elle va remarquer qu'un garçon, attirant qui plus est, la regarde avec insistance. Il va même aller jusqu'à lui donner un rendez-vous d'une manière très originale, attisant à la fois sa curiosité et sa peur de tomber sur un désaxé. Mais victime d'un accident, elle ne pourra bien sûr pas s'y rendre, malgré son envie incommensurable de rencontrer ce mystérieux inconnu. En se réveillant à l'hôpital avec une perte de mémoire, elle va s'apercevoir que des souvenirs plutôt bizarres la hantent, et qu'un garçon nommé Nebel en fait partie. Seulement, pourquoi ressemble-t-il tant à l'inconnu du tram ?
 
L'histoire est exquise, et l'écriture l'est tout autant, Anne Denier a un réel talent pour l'écriture : sa plume est douce, ses phrases recherchées... pour un livre qui est sorti en auto-édition, je lui tire mon chapeau ! On ressent beaucoup de travail et un amour des mots derrière tout ça. C'est un livre vraiment très agréable à lire de par sa qualité d'écriture, et je n'ai eu aucun mal à être emportée par l'histoire.
 
Concernant celle-ci, l'auteure alterne en quelque sorte deux intrigues : une qui se déroule dans le présent, et l'autre qui concerne des réminiscences passées, qui ont bien sûr un lien direct avec ce que l'héroïne vit aujourd'hui. Au départ, c'est un peu confus, car on ne sait pas bien où nous amènent ces souvenirs exposés de manière décousue, mais petit à petit, l'histoire prend tout son sens, et j'ai été surprise et émue par le destin tragique de l'héroïne. L'ambiance qui se dégage du livre m'a quant à elle charmée. Elle est sombre, inquiétante, gênante par certains aspects, car l'intrigue aborde des sujets assez tabou : enlèvements, viols, violence, meurtres... mais sans jamais tomber dans le mauvais goût. Plus on avance dans les chapitres, plus cette atmosphère est grave et oppressante : on plonge littéralement dans les ténèbres pour découvrir ce qu'il se trame autour de l'héroïne.
 
L'auteure nous présente ses personnages d'une manière peu commune, car au final, on ne peut pas mettre un nom sur le visage de beaucoup d'entre eux. Chacun a un surnom, ou quelques mots qui les désignent : on passe de "Quasimodo", à "ma meilleure amie" ou encore à "son altesse royale". Au début, je pensais ne pas avoir retenu les noms des personnages, mais en réalité, c'est qu'ils n'en ont pas ! C'est unprocédé que je n'ai pas l'habitude de voir dans mes lectures, mais il ne m'a pas du tout déplu pour autant. Au final, seuls les trois personnages principaux (si je me souviens bien), ont un nom : déroutant, mais non dérangeant.
 
Quelques petites choses sont quand même à noter : quelques maladresses, et quelques fautes d'orthographe ou de syntaxe, notamment une grosse absence de virgules, m'ont interpellée, mais ça ne m'a pas non plus fortement gênée dans ma lecture. De toute façon, comme le livre passe désormais dans les mains d'un éditeur, ces défauts seront probablement tous corrigés pour la nouvelle version qui sortira en 2013, je ne me fais pas de soucis là-dessus. Je déplore également le fait qu'à certains moments, l'auteure s'attarde un peu trop sur la description de choses ou d'évènements trop anodins pour que l'on y accorde des paragraphes complets. Ça m'a un peu freinée dans ma lecture, mais mis à part cela, j'ai passé un très agréable moment en lisant Côté Face.

Une petite citation en prime que j'ai beaucoup aimée :

"[...] Je n'étais pas sûre de comprendre ce que mamie voulait dire par "en avoir besoin" et il était heureux que je ne sois pas diabétique pour pouvoir ingurgiter une telle quantité de guimauve. Barbara Cartland était à la littérature ce que McDonald était à la diététique. Facile à avaler, sans surprise, engluant le cœur et provoquant le ramollissement cérébral. C'étaient des livres capables de vous faire un lavage de cerveau sans avoir recours à la violence.[...]


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