L'avis de Niënor, blog "Libre et ris"

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La chronique : Côté face - Anne Denier

Publiée le 22 mai 2011

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 [Coup de cœur ♥]

Côté face
d'Anne Denier

 


Publié en 2011



L’auteur : Anne Denier est une écrivain française d’une trentaine d’année, auteure de deux livres pour la jeunesse, elle a publié également de nombreux textes sur des sites dédiés à l’écriture et à l’échange entre lecteurs et auteurs.
Côté Face est a été publié en ligne sous forme de feuilleton d’avril 2009 à février 2010 et vient de sortir en livre.

Quatrième de couv’ : J'étais en retard et si ce n'avait pas été le cas jamais je n'aurais pris ce tram et jamais je ne l'aurais rencontré. Lui. Celui qui allait détruire ma vie en réveillant une mémoire qui sommeillait en moi et dont j'ignorais l'existence
Un autre côté de moi-même.
« Te séduire, t'emmener, te torturer, te violer et t'assassiner. »
J'avais une vie...

Avis personnel : Il n’y a pas de spoilers dans mon article mais mentionner seulement les thèmes du livre risquent d’en faire perdre sa saveur. Pour tout résumer, Côté face est une histoire fantastique à laquelle se mêle une romance et qui vaut la peine d’être découverte ! Vous pouvez dès l’instant le commander ici.

Comment résister à la propagande active de Matilda ? Dès que j’ai vu ses articles plus qu’élogieux consacrés à Côté face, j’ai de suite été intriguée. Il ne fallait pas plus qu’une sublime couverture pour définitivement me convaincre et un partenariat spécial entre l’auteure et Livraddict m’a permis d’avoir l’objet en mains très rapidement. Je remercie donc Livraddict et Anne Denier pour leur confiance !
Je remercie d’autant plus l’auteure que le petit colis envoyé pour le partenariat était superbe et contenait – en plus du livre – un très joli marque-page et une petite enveloppe soigneusement décorée rappelant les modalités du partenariat, le tout emballé dans papier doré. Je n’ai pas pensé à prendre de photo sur le moment, mais vous pouvez voir le rendu sur l’article de Melisende !

Avant de commencer mon avis à proprement parler, je voudrais revenir sur la couverture de Côté face qui en a attiré plus d’un, et moi la première. Le choix d’un tableau de Giovanni Boldini, Portrait de la princesse Marthe Lucile Bibesco, convient tout à fait à l’atmosphère du roman : mystérieux. De plus, j’adore ces tons ocre et je suis ravie d’avoir un marque-page reprenant ce tableau !

Vous conviendrez que la quatrième de couverture est plus que sibylline, mais ce n’est pas forcément un inconvénient. Découvrir au fur et à mesure de quoi parle le roman, comprendre où l’auteure a voulu en venir, vibrer au rythme du personnage principal ; tout cela fait le charme même du roman.
Pour autant, pour ceux qui voudraient en savoir plus, un petit résumé de l’intrigue centrale qui n’en révèle pas trop :
Une lycéenne se lève comme tous les matins pour se rendre à l’abattoir (pardon, au lycée), et comme à l’accoutumée : elle est en retard. En retard à cause du satané cabot de son frère qui lui a encore volé une de ses Converse ! Une fois la chaussure récupérée, elle se précipite prendre le premier tram où elle aperçoit un jeune homme qui la fixe intensément. Aurait-on enfin reconnu sa beauté à sa juste valeur ? Non, ce sont sans doute toutes ces plumes dans sa chevelure – vestiges de son combat contre le chien pour récupérer sa Converse – qui attirent tous ces regards. Morte de honte, elle fuit le tram.
Le lendemain, elle découvre des centaines de photos affichées dans tous les tramways : des photos d’elle, des plumes dans les cheveux ! Derrière ces photos, un rendez-vous : un lieu, une date. Mais qui est ce mystérieux inconnu ? Selon les dires de ses amies, un dangereux tueur en séries qui la pourchasse…
La nuit suivante, notre héroïne est prise d’insomnies et pour tuer le temps, elle décide d’aller faire un petit tour dans la cuisine. Malheureusement, elle s’entrave dans le chien de son frère (toujours lui !) et tombe dans les escaliers. Elle se réveille le lendemain à l’hôpital, amnésique.
Les jours suivants, les souvenirs lui reviennent peu à peu, mais tous ne lui appartiennent pas…

Vous l’aurez compris, cette histoire parle de vies antérieures, de réminiscences… Un thème cher à l’auteur et qui me plaît aussi beaucoup ! Par certains côtés, cela m’a fait penser aux livres de Bernard Werber (sa Pentalogie du Ciel notamment) et à toutes ses théories sur le karma et la réincarnation.
J’ai particulièrement aimé la façon dont Anne Denier faisait revenir ces souvenirs : doucement, par petites touches.
La compréhension totale de l’histoire ne se fait que petit par petit et suivre le cheminement de l’auteure est un véritable délice.

Les personnages de Côté face détonnent parmi les héros lisses que l’on rencontre trop souvent en littérature contemporaine.
Pour commencer, l’héroïne a tout d’une anti-héroïne. On ne connaît pas son nom au début, et on ne le connaît toujours pas après avoir refermé le livre. Elle n’en fait jamais mention et ses amis comme sa famille ne l’interpellent jamais par son prénom. Finalement, c’est un personnage assez impersonnel, dont on sait peu de choses. Ses propres réflexions font peu à peu place à celles de Hyla et il est parfois difficile de savoir qui elle est vraiment. Une double personnalité qui fait prendre tout son sens au titre : côté pile ou… côté face ? On sent une adolescente perdue au milieu de tout ce surnaturel, et elle n’a plus que le souvenir de Nebel pour la guider. On la sent souvent prête à abandonner tant sa vie est devenue incontrôlable : « Je n’avais pas envie d’avouer à quel point j’étais mal et je n’avais pas la force de mentir pour dire le contraire. »

Hyla, Nebel, Côme. D’autres personnages qui nous sont présentés au fur et à mesure de notre lecteur et qu’on apprend peu à peu à comprendre, à cerner. Certains semblent toujours insaisissables même après avoir fini la lecture, et je brûle d’envie d’en découvrir davantage !
Hyla, double de l’héroïne dans le passé, a une histoire intrigante et passionnante et j’ai adoré rassemblé tous les morceaux du puzzle au fur et à mesure des flash-back.
Nebel est présent dès le début de l’histoire et nous suit jusqu’à la fin mais il est difficile à cerner : qui est-il vraiment ? Quel but poursuit-il ?
Quant à Côme, présenté comme le « méchant » de l’histoire, c’est le personnage qui m’a le plus plu. Son comportement, ses motivations, ses choix… Un personnage torturé comme je les aime !

Les autres personnages sont à peine caractérisés et on trouve dans leurs noms l’humour de l’auteur : N°1 ou N°2, la meilleure amie, la princesse, le monchéri-monamour et autres sobriquets pullulent.
En parlant d’humour, même si ce n’est pas la caractéristique essentielle du style d’Anne Denier, je l’ai trouvé particulièrement grinçant et j’ai adoré. Par exemple, je n’ai pas pu m’empêcher de sourire avec la petite « pique » à Stephenie Meyer quand l’auteure parle de « prince charmant en Volvo argentée »…
Autrement, le style est fluide et travaillé. Pour un premier ouvrage, et auto-édité de surcroît, je suis même étonnée devant la qualité de l’écriture. Les sentiments sont approfondis, les descriptions sont précises sans être trop abondantes. L’histoire est complexe car non linéaire. Les chapitres sont alternés entre notre époque actuelle et la vie de Hyla au travers des siècles. Ces flash-back peuvent dérouter le lecteur et facilement le perdre, mais les petites notes précisent bien la période temporelle de chaque chapitre et je n’ai du coup ressenti aucune difficulté.
Je noterai toutefois que le style est davantage fluide une fois les premières pages passées. Peut-être est-ce seulement parce que j’étais alors entrée dans l’histoire ou parce que les premiers chapitres sont les plus difficiles à écrire ?

Pour finir, je voudrais parler de ce qui a fait de ce livre un coup de cœur : l’atmosphère qui en ressort. C’est un livre poignant qu’il est difficile de lâcher une fois la lecture entamée. Le mystère plane du début à la fin !
Mais surtout, les pensées du personnage principal, la vie antérieure d’Hyla, le tragique destin de Nebel, l’horreur du personnage de Côme… Tout ceci dégage une atmosphère angoissante, lourde, presque malsaine et je tire mon chapeau à l’auteur pour avoir réussi à retranscrire une telle ambiance, que l'on peut résumer par : « Te séduire, t'emmener, te torturer, te violer et t'assassiner. »

En bref : Une lecture dont on ne sort pas indemne tant elle est menée d’une main de maître. Une intrigue passionnante, un style agréable à lire, des personnages mystérieux, une atmosphère pesante… Tous les ingrédients sont réunis ! Anne Denier, je suivrai avec attention tes futurs écrits !

Extraits :
« Il était sa mort. Il était toute sa vie. Son absence était la blessure la plus cruelle que je portais. L’état de manque état écrasant. Je tremblais. Mon cœur se déchirait. Mon âme saignait. J’avais besoin de lui à un point où aucune pensée ne pouvait l’exprimer.
Violence.
Il n’y avait pas de Nebel et il n’y aurait plus de Nebel. Jamais. Cette idée me terrassait et m’envoyait au fond d’un gouffre de désespoir. J’avais besoin de lui, plus que d’air, plus que d’eau, plus que de la vie. Je ne pouvais pas vivre sans lui.
Juste besoin de lui. »

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