L'avis de Révérence-Sateenkaari, blog "pages en plume"

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La chronique : Côté face - Anne Denier

Publiée le 30 mai 2011

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¤ Avis

Vendredi 29 Avril au soir, sur le forum Livraddict, un partenariat spécial était proposé. Un partenariat directement entre le forum et l’auteur. Un partenariat avec un livre intriguant. Une 4ème de couverture qui ne révèle pas grand-chose, ci ce n’est une intrigue toute tissée de mystère. Une citation qui accroche et qui écorche… ça sent bon la passion, la douleur, les sens exacerbés, la tourmente et l’amour…

Et puis il y a la couverture aussi… cette toile que je connais depuis la terminale et qui ne m’avait pas frappée plus que cela à l’époque. Cependant le fait de la voir, ou du moins un détail ) en couverture d’un livre m’a fait un peu tilter. Le portrait de la princesse Marthe Lucile de Bilbesco de Boldini… Une toile très belle et d’ailleurs même si le détail sélectionné est superbe, je vous conseille d’aller voir l’œuvre entière pour profiter du traitement de toute la partie basse du tableau, un flou très lumineux ou s’enchevêtre les étoffes, une robe qui ressemble à un écrin de plumes soyeuse. Personellement j’aime beaucoup les flamants roses et l’espagnole du moulin rouge.
Mais nous nous éloignons.
Donc Côté face de Anne Denier, un peu plus connue sur Livraddict sous le pseudonyme de Reveanne. Un beau roman que l’on a envie d’ouvrir de 446 pages. _ et au passage je remercie l’auteur du joli paquet sous lequel elle à envoyé le livre. C’est encore plus agréable de se plonger dans un roman après avoir délicatement délacé le rafia et ouverts les pans du papier doré tout fin comme du papier de soie… le marque page est superbe et la petite carte avec les boutons collés dessus était vraiment chou. _
Un ouvrage en 49 chapitres plus l’élégie de Marienbad de Goethe découpée en quatre partie et Le secret du souvenir de Schiller. Donc alors là… j’ai cru que je rêvais. Certes je choisis mes partenariats en fonction des résumés présenté mais alors là rien ne m’avait aiguiller sur un ouvrage qui allait me sortir deux si grands noms de la poésie que j’affectionne ( la poésie et les deux auteurs).
Mais je m’égare encore.

Un bref résumé de l’histoire. Nous sommes à Montpellier, début du printemps mais il ne fait pas non plus forcément superbe dehors. Contexte actuel, des voitures, des trams, le lycée et une adolescente de presque 18 ans avec tout ce que cela implique. Petit fait intéressant cette adolescente n’a pas de nom… ou plutôt le lecteur ne connaît pas et ne connaîtra pas son nom, le roman étant écrit à la première personne et famille et amis se débrouillant toujours pour ne jamais l’appeler par son prénom au cours des dialogue. L’idée faire de son personnage central, un personnage anonyme est vraiment très intéressante.
L’histoire ne perd pas de temps à commencer puisque en retard au lycée à cause du chien de son frère ( j’ai beaucoup aimé le coup de la chaussure et sa remarque sur le fait que le CPE ne voudra jamais la croire est on ne peut plus vrai quoique c’est tellement cliché qu’un élève aujourd’hui ne peut décemment pas sortir cette excuse si elle est bidon… un peu comme le « t’as d’beau yeux tu sais » en plan drague. ). Bref dans le tram elle fait sa première rencontre avec Nebel sans savoir qui il est. Et là bam c’est la rencontre qui va faire démarrer l’histoire.

Une histoire de vie antérieure, une histoire qui utilise entre autre l’alchimie, et pour avoir un peu traîné mes guêtres au milieu de gens qui se passionnait un peu trop vivement et « réellement » pour cela, ce fut une véritable bouffée d’air frais de voir que le sujet a été traitée vraiment correctement. Il n’y a pas de gros délires sans queues ni tête non, juste Côme qui possède une Chrysopée et qui s’en sert. Point barre pas vraiment plus de détail, ce n’est pas nécessaire et je suis absolument reconnaissante à l’auteur de cela car honnêtement quand j’ai senti venir le coup de la pierre alchimique j’ai eu peur et me suis juste dit « oh non pas encore, ça commençait pourtant bien ». Et bien non seulement ça commence bien mais ça finit bien.

Une chose qui au départ m’a un peu perturbé est toute cette première partie où l’on nage un peu. On ne sait pas trop ce qu’il se passe, on est perdu… au final un peu comme le personnage principal… Double effet on est perdu et c’est tout de même un peu agaçant mais en même temps on ressent vraiment la détresse du personnage. Toute cette partie est très lourde, très pesante pour le lecteur qui ressent vraiment les angoisses de l’adolescente. Après j’ai tendance à avoir une confiance quasi absolument en l’auteur ( ce qui me réserve parfois des surprises comme me retrouver à pleurer comme une madeleine sans avoir de mouchoirs à porter… ) et donc je me suis juste laissé porter par la plume de l’auteur. Une plume délicieuse, fluide malgré quelques anicroches de syntaxe, coquilles et fautes ( mais alors là si je relève je ne juge absolument pas vu le nombre de coquilles et de fautes que je peux laisser traîner jusque dans mon mémoire de Master => Sifflote <= ).

L’auteur porte vraiment un soin particulier aux détails, surtout quand il s’agit d’élégance ce qui donne une très belle visualisation de la Beauté. ( et la description du peigne est juste sublime ). Et si j’utilise beauté avec un B et non un b c’est entre car je retrouve dans ses descriptions toute l’élégance, la culture du Beau de ces auteurs du 19ème, les romantiques mais aussi ceux qui les auront suivit en Angleterre et Allemagne ( bien que je connaisse moins les auteurs allemands qu’anglais). Bien évidement la petite citation de Wilde m’a fait bondir le cœur. Et là et bien j’ai juste fondue. Totalement conquise, je crois que chaque passage citant Goethe ( en version française car mon allemand est déplorable et ce limite à peu près à Lampen, Typus et hum Bildlampen…) et autres s’est vu remué sur le bout de mes lèvres. Bon en même temps je suis actuellement sur un des plus beau site que ces auteurs ont juste vu à peine sorti de terre ( Ostia Antica, belle Ostia Antica) et ma bride poétique est complètement lâchée au vent.

Les chapitres sont assez courts, ce qu’en ce moment j’apprécie tout particulièrement et sont datés un peu à la manière d’un journal. Certains chapitres se passent dans le passé, 100 ans auparavant dans la vie antérieure du personnage principal ( 100 ans ? Comme les 100 ans où la Belle aux bois dormant est restée endormie ou bien n’est-ce qu’une simple coïncidence ? ).
Ces chapitres sont à la fois essentiels à l’histoire contemporaine car ce sont eux vraiment qui donnent les clés de la compréhension et en mon sens les plus poignants. les passions s’y entrechoquent et déchirent les personnages. Je trouve qu’il y a vraiment une manière d’écrire ces chapitres qui est très différente des autres. Ce sont ceux là qui manifestent le Beau, ceux là qui exalte vraiment l’odeur du romantisme ( bon en même temps cela ce passe tout juste à la sortie de cette période).
Oui vraiment, entre la tragédie de Hyla et celle de notre anonyme je préfère la première. Une autre petite mention sur ces chapitres ils ne se déroulent pas chronologiquement et malgré les indications de quant il faut les replacer ( entre quels chapitres) il faut une bonne petite gymnastique pour tout remettre en ordre en ajoutant un chapitre de plus à chaque fois… petit jeu bien amusant qui rend vraiment le lecteur actif.

Au niveau des personnages si je n’accroche pas forcement bien au personnage principal, son ancienne vie Hyla est nettement plus intéressante. Un personnage avec plus de caractère me semble t il. Sinon et bien une petite mention pour Côme, outre le fait que j’adore ce prénom, ce « méchant » malsain, sombre et réellement diabolique ( c’est tout de même lui l’auteur de cette citation de 4ème qui n’est rien d’autre que la règle de son jeu) mais qui malgré tout révèle une solitude et une sensibilité qui ne parait vraiment que rapidement à la fin, est peut être celui qui me plait le plus. Quant à Nebel et bien j’aime particulièrement son pseudo retournement bien qu’on n’y crois pas une seule seconde…

En conclusion j’ai sans doute oublié plein de petite chose sur ce livre mais globalement ce fut une excellente découverte, Mélisende avait encore une fois de plus raison en me disant qu’il allait me plaire et j’ai appris en furetant un peu à droite à gauche sur le net que des « suites » étaient prévues… et bien j’ai hâte.



¤ Conseil de lecture

Un petit fond musical comme une sonate, un ballet ( et avec en prime de cette découverte livresque une belle découverte musicale pour moi qui ne connaissait pas le ballet Scheherazade de Rimsky-Korsakov), un bon fauteuil moelleux et laissez vous emporter dans cette histoire qui remonte le temps. Vraiment pour ceux qui aime le fantastique, l’étrange et le fascinant mais qui aiment bien resté dans la réalité aussi je conseille fortement ce livre. Et puis aussi pour celles et ceux qui aiment les belles histoires d’amour car c’est tout de même le fondement de cette histoire.

Avec en prime un petit lien sur la première partie du ballet :

http://www.youtube.com/watch?v=s1aFrAV3d1o&feature=related

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